En mai 2007, chaque Français se rendait aux urnes pour voter en son âme et conscience, selon ses convictions, sa sensibilité politique, pour le candidat de son choix. Ils ce sont rendus aux urnes pour élire le candidat qui gouvernera au mieux la France. En ayant en tête les discours acidulés de la campagne, des discours enrobés, tel un gâteau couvert d'une belle couche de sucre glace, gâteau que vous allez admirer pendant des heures en pensant que vous allez vous régaler. Malheureusement, quand il est coupé, que vous êtes prêts le déguster, quelle désillusion, car ce que vous vous étiez imaginé n'est pas au rendez-vous.
Naturellement, c'est une métaphore, qui n'est pas dénuée de sens, je veux pour preuve, dès le lendemain des élections Ségolène Royal disait que le SMIC à 1500 euros, elle n'y avait jamais cru, alors, même qu'elle avait basé sa campagne sur cette promesse. Quelle désillusion pour ces électeurs, ceux qui ont été assez crédules pour croire, que le changement arrivait avec elle et que leur salaire de SMIC are allait être rehaussé, c'était légitime cette espérance, mais comme dit le proverbe « les promesses n'engagent que ceux qui y croient » et c'est bien pour ça qu'ils ne sont jamais tenus par les politiciens.
Nicolas Sarkozy, le verbe haut, avec le charisme que chacun lui connait promettait encore plus que sa rivale, certains électeurs qui n'étaient pas de droite c'est vite trouvé séduits par son allocution, sa maestria et sa force de persuasion. Il promettait de changer les cailloux en lingots d'or, avec un slogan « travailler plus, pour gagner plus » pour l'instant c'est travailler plus pour gagner moins. Il disait encore, je suis l'homme du pouvoir d'achat, qui a vu son pouvoir d'achat augmenté ! Pis, il promettait de changer la vie dans les quartiers difficiles, faire une réforme de la justice, enrayer la délinquance.
Alors, aujourd'hui l'heure du bilan de sa mi- mandat a sonné, qu'en est – il de l'homme du renouveau, comme il se plaisait de se nommer, après deux ans et demi de mandat ? Quel constat porté sur toutes les promesses de Nicolas Sarkozy, les Français vivent-ils mieux ? Leur pouvoir d'achat est – il au niveau des paroles ? L'emploi est – il au rendez- vous ? Le Président devait réguler les parachutes dorés, qu'en est-il ? Qu'en est –il des bonus ?
En revanche, nous pouvons constater des promesses qui ont été tenues, c'est le bouclier fiscal, la TVA 5,5 %, la taxe professionnelle qui est en bonne voie d'être supprimée, ce sont des mesures concrètes que le chef de l'État avait promis aux capitalistes. Les restaurateurs ce sont vu offerts un cadeau de 1 à 3 milliards d'euros par an, sans honorer leurs promesses d'embauche, ou de baisser les prix, au moment même ou le déficit budgétaire dépasse 100 milliards d'euros cette année, cela nous laisse perplexe... On s'aperçoit que la désillusion n'est pas pour tous les Français, les capitalistes du CAC 40, les banquiers, les restaurateurs, peuvent être satisfait, ils tirent leurs épingles du jeu, contrairement aux salariés, les retraités, les agriculteurs, les pêcheurs, quoi que ces derniers sont souvent subventionnés, non décidément les grands perdants de ce quinquennat sont les salariés et les retraités, car nous ne nous faisons pas d'illusion leurs conditions de vie ne sont pas prêts de changer.
Indépendamment de tout cela, chaque jour dans la presse, nous sommes témoins d'une nouvelle réforme, chaque reforme conduit à une polémique, voir, un scandale, les Français ne méritent – ils pas mieux ? Que devient ce beau pays qui avait de vraies valeurs, le pays des droits de l'homme ? Les droits de l'homme... que peuvent vouloir dire encore ces quelques mots, le pays qui jusqu'alors le respectait la foule aux pieds. En supprimant le ministère qu'il avait créé au début de son mandat le gouvernement prouve encore une fois que ces valeurs ne sont pas sa priorité, nonobstant, pouvait – il le maintenir, avec la politique qu'il conduit envers les immigrés pas si sûr ?
Les citoyens vivent dans la crainte, celle de tomber dans la précarité. Pourtant, ils y ont cru au rêve qu'il leur était vendu en 2007, une vraie désillusion. Aujourd'hui, les politiciens n'ont plus de crédibilité à droite comme à gauche d'ailleurs.
Les hommes politiques prescrivent leurs règles, les citoyens ont le sentiment que chaque décision prise est toujours en faveur des riches, quand on leur dit, nous prêtons de l'argent aux banquiers, c'est encore pour les enrichir plus. Aujourd'hui, on apprend que malgré, l'avertissement et l'opposition de la ministre de l'Économie de Christine Lagarde, l'Assemblée nationale a voté ce vendredi une taxe additionnelle de 10 % à l'impôt dû par les banques françaises, pour aider aux déficits publics, c'est plutôt une bonne nouvelle. Cet amendement du socialiste Didier Migaud , projet de budget 2010 a été adopté par 44 voix contre 40. Affaire à suivre, car Christine Lagarde semble être en désaccord avec ce vote. Alors, ils vont revoter. Jean - François L'amour , ministre de la jeunesse des sports et de la vie associative , dit s'être trompé dans son vote, 'c'est pitoyable , il ne peut même pas assumer les conséquences de son vote celui qu'il défendait quelques heures avant , à savoir la légitimité de demander aux banquiers un effort sur leur bénéfices, bénéfices qu'ils vont aller redistribuer aux traders. Il vont revoter, il faut qu'il soit satisfaisant ce vote, bien entendu, vous aurez compris, le résultat doit être en faveur des banquiers. Cela s'appelle la démocratie, ce sont ces pratiques et ces décisions qui font douter les citoyens de la bonne foi des politiciens, cela créer une suspicion, comment être contre le fait de faire participer ceux qui ont été à la base de l'effondrement de l'économie, un mystère qu'on aimerait se faire expliquer.
Quand ils prêtent à l'industrie de l'automobile, c'est encore pour les enrichir, cela ne sauve pas des emplois pour autant. Les règles imposées par eux ne sont pas celles qu'aurait choisies le citoyen lambda. Les PME, les artisans auraient été prioritaire de ce dispositif d'aide. Pour plus de crédibilité, il aurait fallu demander le remboursement des subventions données par l'État aux entreprises qui délocalisent, taxer plus, les produits qui sont fabriqués en dehors de l'Union européenne et qui rentrent en France, voilà des mesures qui auraient certainement fait comprendre aux Français que le gouvernement avait à c½ur leurs intérêts.
Le plus extraordinaire, c'est leur manque d'honnêteté, leurs langues de bois qu'ils manient mieux que quiconque, chaque explication manque de clarté, de sincérité, que cela en devient éc½urant.
La perspective d'avenir, les Français la voient bien obscur, ils ne voient pas non plus de changement fondamental pour le pays, pourtant, le mandat qu'ils ont confié au président devait les conduire à espérer une vie meilleure, cependant, ils sont en train d'assister impuissamment à l'enrichissement du gotha du CAC 40, en toute légitimité et, avec la protection de celui qu'ils ont élu pour les protéger et faire prospérer le pays .
Aujourd'hui, que cela plaise ou pas, le constat de deux ans et demi du mandat de ce gouvernement n'est qu'illusions perdues, pour un grand nombre de Français
Lorsqu'on a perdu toutes ses illusions, il reste encore à perdre l'illusion suprême qui est de se croire sans illusions.
Claude Roy